À l'intersection du mythe et de la mystification je trouve le masque.
Le masque du mythe n'est pas une tromperie, il est aussi plus qu'une personae fonctionnelle, une propre-image, il signifie intentionnellement le geste - magique - d'incarner le mythique;
À l'opposé de l'inconscience et du mensonge, la personnification se reconnaît et s'affiche, d'autant plus qu'elle veut signifier au-delà du connu, des certitudes opératoires-verbales, dans le sacré.
À un niveau plus prosaïque vivre le mythe signifie lui faire épouser tous les contours de son vécu, par un rappel constant [Smrti et shruti] de l'ordre sacré dans le quotidien, donc un arrimage psychologique aux valeurs qui découlent des enjeux essentiels / existentiels. On y réfère habituellement en parlant de vivre son idéal, accomplir sa mission. On peut parler d'une façon équivalente de: faire de sa vie une oeuvre d'art, une offrande, un yoga, etc.
Changer de masque implique d'être conscient du je en tant que masque, et même mascarade. Dès lors on est libre de créér un autre masque, un autre discours, plus complet - un logos? - plus fondamentalement: un autre Être-au-monde. Où par exemple on peut transformer les actes en gestes. Et saturer le réel de sacralité.
En bout ligne on peut se rendre compte qu'il y a moyen de vivre nu, sans masque. Puisque celui-ci relève des contingences du social, et non des nécéssité dites ultimes.
{citer Chögyam Trunpa Shambhala}
Reste à montrer comment on peut vivre en ne soutenant pas un moi.
Ne pas le défendre, seulement le donner à jouer, comme miroitement plus que définition, comme une créativité inaliénable plutôt qu'un bien en péril, un moi acteur ou danseur en improvisation, plus que des scénarios ou chorégraphies préconçues. Et même en répétition, puisque le moi névrotique-statique radote...
Ici la personnification se reconnait et s'affiche: elle tient le miroir et dessine l'image... Le moi transitoire est une mise en forme de l'expression, l'esquisse d'un insaisissable, tant est grande la plasticité psychologique innée. Par contraste le fond de potentiel plus permanent est le tempérament, à l'intersection du corps et de la conscience.
- Le je comme scénario et mise en scène.
- La personnalité comme personnage, un moi
- Le tempérament comme talent, un soi, plutôt même un Cela.